Engagement - Nature et Environnement

Un océan de plastique !

Un océan de plastique !

Le plastique est sans doute l’un des symboles de l’ère moderne. Il apporte de nombreux bienfaits : réduire le gaspillage de nourriture, en rallongeant la durée de vie des denrées, ou encore la consommation d’énergies fossiles lors du transport en diminuant le poids des matériels.

Combinant fonction et prix bas, il a proliféré de manière exponentielle depuis les années 60. Pour être précis, on a vu la production de plastique être multipliée par 20 pendant cette période ! Cependant, l’économie actuelle du plastique a des défauts majeurs qui sont de plus en plus apparents :

32% du plastique utilisé dans le packaging se retrouve dans la nature, hors de tout système de collecte. 

Concrètement, comment ce chiffre se traduit-il en termes de quantité ? Ce sont 5.5 billions (mille millards) de morceaux de plastique, pour 268 940 tonnes, qui se déversent dans nos océans. C’est ce que révèle une étude publiée dans la revue PlosOne, ayant échantillonné toutes les mers du globe entre 2007 et 2013. Cette estimation pourrait même être assez conservatrice en réalité… Si le rythme actuel continue, nous retrouverions autant de plastiques que de poissons dans les océans d’ici 2050 en termes de masse.

Les océans sont animés de vastes courants cycliques, qui parcourent le globe. Au creux de leurs méandres se retrouvent les gyres océaniques où s’accumulent les objets flottants, des amas plus grands que la France. Ces «continents de plastique» ne sont pas des îles flottantes de déchets sur lesquels on pourrait marcher. Moins spectaculaire, la réalité effraye tout autant : ici, le plastique est au moins 2 fois plus nombreux que le plancton, base des chaines alimentaires océaniques.

Nombre de plastiques flottants, selon leur taille. Notez que la grande majorité sont de petite taille, entre 1 et 4.75 mm

Ce n’est pas qu’un problème de déchets moches et encombrants. En se prenant dans les filets ou autres objets dérivants, les mammifères marins, tortues et autres animaux risquent la mort. Plus de 200 espèces sont affectées dans le monde. Les animaux marins consomment régulièrement, en les confondant avec leurs proies habituels des plastiques qui, une fois ingérés, peuvent affecter leur santé et leur capacité à se déplacer. Ils peuvent même tuer lorsque l’estomac ou intestins se bloquent ou s’endommagent. Enfin, les déchets flottants peuvent même servir comme vecteur d’introduction d’espèces invasives.

Effet ampliatif, le plastique concentre les polluants chimiques. Sa nature chimique (composée essentiellement d’hydrocarbures fossiles) facilite la concentration des polluants hydrophobes (qui s’accumulent dans les graisses et ne se mélangent pas facilement à l’eau). On a démontré que les morceaux de plastique flottants ont un taux de contaminants potentiellement dangereux 1 000 000 fois supérieurs que dans les eaux environnantes ! C’est une voie importante de contamination des chaines trophiques et de notre propre alimentation par les pesticides et autres molécules nocives.

 

Ce qui est frustrant, c’est qu’autant de plastique recyclable soit jeté après sa première utilisation. On estime que 95% de la valeur globale du plastique (soit entre 80 et 120 milliards de dollars US) est perdue dans des produits à usage unique. Seulement 14% du packaging en plastique est collecté pour recyclage. Le plastique recyclé se trouve la plupart du temps dans des produits à valeurs moins élevées, non recyclables à leur tour.  Si la hausse de la production de plastique entraîne celle des déchets plastiques, la tendance ne se renversera qu’à condition que soient prises des initiatives, notamment celles d’améliorer la conception des produits et la gestion des déchets.

Notre nouveau produit lavant, une Poudre moussante, cheveux et corps, 100 % naturelle et biodégradable, NOMAS® permet de consommer mieux pour soi et pour demain. Emballée dans un petit sachet de papier kraft, exit les flacons en plastique, exit le transport d’eau sur des milliers de kilomètres comme c’est souvent le cas.

La Commission Européenne privilégie les bioplastiques par exemple dans le cadre de sa stratégie plastique. Toutefois, ce n’est pas une solution miracle. Des ONG telles que Surfrider avertissent que les plastiques bio-sourcés ne sont pas pour autant forcément biodégradables tel que nous l’entendons dans le langage courant. Il s’agit de déchets compostables de manière à atteindre 90% de biodégradation en moins de 6 mois dans le cadre d’un compost industriel. Or, les conditions du milieu marin sont loin de ce type de compost. La mise en avant de ce type de biodégradabilité peut donc être trompeuse pour le consommateur.

Que peut-on faire à notre niveau ?

  • Recyclez ! Et encouragez votre entourage à le faire.
  • Participez aux programmes de ramassage. Ces efforts ont une double action : soustraire ces déchets de l’environnement et sensibiliser les passants.
  • Soutenez les efforts des ONG et initiatives politiques favorisant une gestion intelligente du plastique et de nos déchets.

Le 13 avril dernier, nous avons d’ailleurs organisé une collecte de déchets sur la plage de la Côte des Basques à Biarritz. Nous nous sommes bien rendus compte, cette année encore, que les plastiques sont présents en masse sur nos plages et dans nos rochers, prêts à partir en mer avec la prochaine marée… 🙁

Tant que cela sera nécessaire, nous continuerons chaque année à organiser ce genre d’événement, en partenariat avec Surfrider.

De nombreuses entreprises prennent les choses en main. On peut parler des savons Method qui furent des pionniers dans l’utilisation du plastique échoué sur les plages. Même des grands, tel qu’Adidas s’y mettent. Dans leur collection Adidas x Parley for the Oceans, ils utilisent un nylon revalorisé à partir des filets de pêche. D’autres en font des lunettes de soleil ou même des planches de skate. Comme quoi, si on s’y met, on y arrive.

 

S’informer plus:

https://www.weforum.org/reports/the-new-plastics-economy-catalysing-action

http://plastic-pollution.org/